Editorial

Note utilisateur:  / 24
MauvaisTrès bien 

 

Zoom sur les plantes du Sancy

avec le Jardin botanique d’Auvergne

Pas de temps à perdre lorsque on est une plante de la montagne, ici on se presse lentement. Dans nos espaces naturels, chaque jour, chacune d'entre nous déploie toute son énergie pour perpétuer l'espèce. En fait, il faut que être rapides pour faire nos graines car si l'hiver a fini tard, le prochain commencera tôt. Alors dès le mois de juin on se pare, c'est à celle qui sera la plus belle. C'est à celle qui aura des fleurs aux couleurs les plus vives. C'est à celle qui saura le mieux attirer son pollinisateur ou jouer avec le vent. C'est ainsi que la survie s'organise grâce au pollen qui doit absolument voyager d'une fleur à une autre.

Il faut dire qu'on aime se prêter au jeu des photographes, on aimerait être star et nous amuser devant leurs objectifs. Au début on avait entendu parler d'hommes passionnés qui venaient de plus en plus nombreux nous observer et nous examiner à la loupe sous toutes les coutures. Nous les connaissons maintenant, ils vont même jusqu'à nous donner un nom, il faut vraiment qu'ils nous aiment ceux-là.
L'automne est venu si vite, que nous n'avons pas eu le temps de bien les connaître. Nous allons devoir nous préparer pour notre voyage annuel qui nous amènera dans de nouvelles contrées. Une fois mûres, nos graines nous seront arrachées par le vent ou par un animal. Une toison généreuse nous offre un moyen efficace de voyager mais le vent des crêtes ne sera pas en reste pour emporter bien loin nos semences qui s'émancipent.
On ne peut qu'aimer le Sancy lorsqu'on l'a vu à la fois sous le soleil le plus ardent, sous la pluie battante ou avec un brouillard épais, dans son manteau blanc hivernal au froid salutaire, mais toujours en préservant la libre expression de cette nature si belle le mois de juin venu.

Pour le moment, une seule question nous préoccupe ! Ferez-vous partie de ceux qui nous aiment et viendrez-vous nous voir ? Nous sommes conscientes que cet instant sera bref mais si intense. Ceux qui veulent en savoir plus sur notre vie à la montagne peuvent répondre  nombreux à l'appel du Jardin botanique d'Auvergne qui a le triple objectif, de vous proposer des balades botaniques et de nombreuses activités grand public en région Sancy et de réunir les passionnées et amoureux de nature pour construire le réseau "Montagne du Sancy" du Jardin botanique d'Auvergne auquel vous pourrez vous inscrire.
Le moment de s'unir pour apprendre et connaître notre biodiversité est arrivé. Nous sommes sûres que c'est le meilleur moyen de nous défendre et de nous protéger.

Renseignement sur l' antenne "Montagne du Sancy"  au 06 86 80 51 58

Note aux lecteurs


Jean Marc Fourvel, président fondateur du Jardin botanique d'Auvergne


 

Nous aimerions être plus entourés...

Le 26 juillet 2015

Je me prépare à une retraite active depuis quelques années déjà. Car je désire au fond de moi conserver l'envie de faire à la retraite ce que je n'ai pas pu entreprendre pendant ma vie professionnelle. Je préfère être acteur plutôt qu'être spectateur. Faire partie d'un moteur sociétal à l'aube d'une nouvelle vie ne me déplairait pas...

Etre actif et dynamique durant ma retraite ne me déplaît pas car j'aime partager mon savoir à qui veut m'entendre ! Aujourd'hui, je partage mes connaissances et mon expérience de technicien horticole et de jardinier botaniste depuis plus de 20 ans. Pour cela, il y à 10 ans, j'ai fondé un jardin botanique pas comme les autres car entièrement bénévole et participatif. Une association qui le gère complète l'organisation. En effet, différent des autres car on s'intéresse dans ce jardin botanique aussi bien aux plantes cultivées qu'aux herbes sauvages de notre région (mauvaises herbes étant un gros mot...) Mais cela ne se fait pas sans mal !

Mon quotidien est fait de félicitations pour ce que nous entreprenons, mais il est intéressant de constater que c'est étroitement lié à un désintérêt du public pour un engagement fort en ce qui concerne l'entretien et le fonctionnement de ce jardin botanique. Comme quoi il est toujours facile d'avoir une étique à laquelle tout le monde adhère à condition qu'elle ne demande peu d'effort et surtout aucun de sacrifice dans la vie de tous les jours.

Toutes les raisons  sont là :

  • dommage, c'est super votre projet, mais je suis trop loin,
  • je suis bientôt à la retraite, je reviendrai plus tard,
  • je m'engagerais bien, mais j'ai fait des demandes d'emploi et cela risque de m'éloigner,
  • c'est dommage, je ne plus continuer au jardin, avec les enfants vous comprenez,
  • j'ai mes parents qui sont vieux, il faut que je m'en occupe,
  • vous comprenez avec les enfants, c'est pas possible,
  • je viens d'acheter un camping-car, je ne suis pas disponible car je voyage,
  • je suis encore en activité, je n'ai pas de temps,
  • je suis déjà engagé dans d'autres associations, je ne peux pas tout faire,
  • ...

Ah que notre vie serait plus douce dans nos jardins si chacun prenait de petites responsabilités ! Aïe, j'ai dit responsabilités, cela fait fuir. Ceux qui pourraient s'engager le sont déjà, mais ailleurs, avec des responsabilités qui les empêchent de se disperser.

Notre site Internet est sans équivoque, les motivations et la philosophie sont clairement explicitées dans une charte qui vient couronner le tout. Au dire de tous, c'est un joli projet ! De petites choses simples sont à faire même si vous disposez que de deux heures par mois... Qui saurait dire non ?

N’hésitez pas à commenter l'article ou à prendre contact avec nous !


 

Note aux lecteurs

Depuis longtemps à travers le monde les jardins botaniques jouissent d’une réputation d’excellence dans l’étude des sciences, de la botanique et de l’horticulture. Or c’est à l’heure où notre planète a besoin de toutes les énergies pour protéger la diversité biologique, véritable patrimoine naturel mondial, qu’en France la botanique disparaît de notre enseignement.

Il est donc essentiel, aujourd'hui que de nombreux acteurs européens se positionnent en faveur de la protection de la nature et plus particulièrement de la protection du monde végétal. Avant même le Grenelle de l'environnement, notre association Jardins en Herbes s'emploie à créer un lieu d'étude, d'observation et d'information sous la forme d'un Jardin botanique didactique et d'agrément présentant la flore de la région. Jardins en Herbes puise ses fondements dans les résolutions des différents sommets de la terre.

Ces principes, repris dans le "Plan d'action pour les Jardins Botaniques de l'Union européenne du Botanic Garden Conservation International" ainsi que dans la "Charte de l'association des Jardins Botaniques de France et des Pays Francophones", nous servent de guide dans notre projet. Ils précisent les rôles et les missions des grands jardins botaniques, et constituent un cadre de travail et les orientations à suivre pour Jardins en Herbes. Outils stratégiques, ces principes nous aident à définir des priorités, argumenter des choix, valider des orientations et renforcer l'appartenance de Jardins en Herbes au réseau des Jardins Botaniques de France.

Dans la conjoncture actuelle, personne ne doutera de l'utilité et de l'efficacité d'un jardin botanique pour mieux faire connaître le riche patrimoine naturel d'une région comme l'Auvergne. Le projet peut compter sur la dynamique d'une prise de conscience collective de la perte de cette biodiversité par notre société. Cette dynamique donne un intérêt particulier au Jardin botanique d'Auvergne et à ses différentes composantes. Profitons de cet élan pour offrir aux Clermontois un jardin d'initiation et de découverte de la nature, un lieu où l'on apprend à respecter et à protéger le monde végétal.

 Le Puy de Dôme dans sa robe verdoyante.